Ne nous laissons pas dérouter par l’apparente simplicité de cette manifestation de la Vierge Marie à une enfant qui récite son chapelet au milieu de ses moutons. Nous passerions alors, à côté de l’essentiel.
Approfondissons cette rencontre et posons-nous la question de savoir où nous en sommes, dans notre vie de tous les jours, de la simplicité qui séduit le Cœur de Dieu ! Au point qu’il nous assure que son Royaume appartient aux petits et à ceux qui leur ressemblent…
1er « miracle » : la simplicité
Jeanne est une enfant sourde et muette de naissance. Elle a l’habitude d’égrener son chapelet et ceci est un indice sur le soin que sa famille a mis à lui transmettre leur foi, malgré son handicap. Dans son monde de silence, Jeanne a pour « compagne » sa Mère du Ciel…
Aussi ne s’étonne-t-elle pas du tout d’entendre Marie lui dire :
» J’ai choisi ce lieu pour y être honorée ; je veux qu’on me construise une chapelle au milieu de ce village et qu’on y vienne en foule pour me prier ».
Tout naturellement, un dialogue s’établit entre elles deux, sans que Jeanne ait réalisé qu’elle est guérie !
Et nous, quels sont nos handicaps intérieurs qui nous enferment sur nous-mêmes ?
La surdité de notre cœur, ne cherche-t-elle pas à nous rendre égoïstes pour nous protéger de toute remise en question?
Le mutisme de notre conscience, n’insite-t-il pas à nous taire, quand il faudrait témoigner de notre foi et nous engager à contre courant des idées en vogue ?
2ème « miracle » : l’honnêteté
Jeanne est totalement tournée vers Celle qui s’adresse à elle. Aucun retour sur elle-même ! Comme cette enfant, dans son attitude, ressemble à sa Mère ! Elle ne s’étonne pas de la demande de Marie :
– Charmante bergère, donne-moi l’un de tes moutons.
– Ces moutons ne sont point à moi… ils sont à mon père.
C »est avec une délicate courtoisie que la Vierge Marie s’adresse à Jeanne « charmante bergère » pour lui faire une curieuse demande : un mouton ! Sans doute que Jeanne n’est pas habituée à tant de déférence.
Pourtant, dans sa pureté d’âme, elle répond bien simplement que les moutons ne lui appartiennent pas ; exposant ainsi son dénuement. Elle ne possède rien.
Elle ne se pose pas de question : elle répond en toute honnêteté que ce n’est pas à elle de décider.
Et nous, savons-nous répondre en toute honnêteté aux sollicitations du monde dans lequel nous vivons ?
Savons-nous préserver notre pureté d’âme (qui nous a été rendue au Baptême) pour ne pas nous laisser égarer par le stress du « que va-t-on penser de moi » ?
3ème « miracle » : le bon sens
Le dialogue se poursuit :
« Retourne voir tes parents… et pour moi demande un agneau.
Mais qui gardera mon troupeau ?
Moi-même, je garderai tes moutons ! «
Décidément, Jeanne ne se départit pas de la simplicité des enfants, pour qui il n’y a pas de frontière entre possible et impossible ! Toutefois, sa bonne volonté confiante ne lui fait pas perdre son bon sens.
Comme Marie à l’Annonciation qui s’inquiète du « comment cela va-t-il se faire »… de même, Jeanne s’inquiète de la garde de son troupeau. Simple mais pas naïve !
Et quelle humilité de la part de Marie qui répond à son enfant, avec la même simplicité, qu’elle veillera sur les moutons…
Et nous, de quelle nature est notre confiance envers Dieu … envers nos proches ?
Gardons-nous la simplicité dans nos relations, sans arrière-pensées … sans nous barricader derrière une foule de préjugés et de justifications qui compliquent tout ?


